Biographie
Née en Angleterre, dans sa vie comme dans ses céramiques, Ewa Di Bernardo s’intéresse davantage au « contenant » qu’au « contenu ». Jeune actrice de théâtre à Gênes, elle transforma son appartement en lieux ouvert pour accueillir artistes et voyageurs. Par la suite elle fut professeur de Lycée pendant neuf ans. Bientôt elle comprit que, plus qu’à fournir à ses élèves des connaissances, elle s’intéressait aux élèves eux-mêmes. Elle choisit alors de devenir psychanalyste, profession qu’elle exerça à Paris pendant douze ans. Dans son travail avec des patients psychotiques elle utilisa un regard très personnel pour les aider à créer un pont entre eux et le monde. Les ponts aussi sont un thème recourrant dans sa vie. Bénévole de Amnesy International, infatigable dans les manifestations, de Gênes dans les années soixante jusqu’aux rassemblements contre la guerre à New York, elle croit fermement aux êtres humains, à leurs couleurs et à leurs différences. Actuellement elle vit et travaille entre New York et le Luxembourg.
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© Photo by Véronique Kolber
From the work: "Daughters of Art" - Mike Koedinger Editions by Véronique Kolber

Céramiques
Comme des mosaïques, elles sont composées de petits bouts qui se réunissent pour former une structure très solide. Par ses céramiques, elle a voulu reproduire ce qu’elle faisait dans sa pratique psychanalytique, passer d’un moment abstrait à quelque chose qu’on puisse littéralement toucher du doigt. Elle voulait que ses patients puissent garder leurs différences internes (comme les mosaïques), mais dans une structure qui reste solide et qui leur est propre. « C’est pourquoi mes céramiques, si elles tombent, n’ont pas une spécifique ligne de faille, elles ne casseront pas spécialement entre un triangle et l’autre. Elles se casseront n’emporte où comme les pièces « normales ». Les différences internes ne fragilisent pas la structure, exactement comme je le voulais ». Le deuxième élément fondateur est la couleur, qui ne doit pas être seulement dehors, mais partie intime de la structure. « Souvent on peut atténuer un symptôme, ou améliorer en surface la qualité de vie, mais s’il n’y a pas un travail en profondeur, s’est comme si l’ on avait peint seulement une fine couche extérieure : au premier coup de la vie, la surface s’écaille et le gris réapparaît. » Dans ses céramiques, les oxydes sont mélangés à la terre et donc la couleur est aussi dans la pièce.

 

Nick Godt